CFP Atelier SERA (Congrès SAES Lyon)

Nous invitons les collègues souhaitant participer à l’atelier de la Société d’Etudes du Romantisme Anglais (SERA) sur la thématique retenue (voir le texte de cadrage que vous nous proposons ci-joint) à envoyer d’ici le 10 janvier 2016 leurs propositions (titre et court résumé) à:

Jean-Marie Fournier (jean-marie.fournier@univ-paris-diderot.fr)

Samuel Baudry (samuel.baudry@univ-lyon2.fr)

et Caroline Bertoneche (caroline.bertoneche@u-grenoble3.fr)

Texte de cadrage :

La confluence, comme l’influence, est un concept romantique (confluere, couler ensemble). Ce mouvement porte en son cœur une cohérence comme, par exemple, cette lecture du romantisme anglais qui a fait de l’eau et de ses écoulements une obsession. En témoigne sa cartographie maritime liée notamment aux questions de l’exil, du voyage ou de l’exploration, entre rivières, mers et marées, traversées, vents (d’Ouest), expéditions, noyades ou mise en quarantaine. Si la géographie de ce romantisme-là qui englobe parfois plusieurs régions de l’esprit célèbre autant la jonction que la rencontre, l’action de confluer est bien celle où se fondent en une même extension le confluent, l’endroit où deux cours (d’eau) se joignent, et la confluence des courants et corps de pensée. Keats l’écrira mieux que quiconque dans son épigraphe sortie des eaux qui se joue de ce flottement comme de la dissolution de l’écriture : « Here Lies One Whose Name was Writ in Water ». La confluence posthume a bien un nom (Keats ou Narcisse, pour ne pas le nommer) qui doit aux mutations infinies de la nature ce que l’inscription dans le marbre ou dans la pierre – le temps d’une gravure – aura bientôt effacé de nos mémoires.

Pour les romantiques, se jeter dans ou à l’eau est une promesse d’affluence au sens propre comme au sens figuré, si l’on en croit une poétique des fluides souvent osée et sans retenue. Des métaphores liquides (larmes, rosée, perles de sueur, circulations, humeurs,  émanation), des débordements (overflow), des ruissellements du vers comme miroir de l’organisme (« the stream of rhyme », « the Stream of Blood »), des flux de migrations et de maladies, en lien notamment avec les nombreuses théories de l’époque sur les influences du climat (Sir James H. Clark, The Influence of Climate in the Prevention and Cure of Chronic Diseases …. comprising an account of the principal places resorted by the invalids in England, the south of Europe, &c.. , London, 1830).

Il reste l’image d’une projection forte de tous ces mélanges visuels, d’un chromatisme noir à des coulées bien plus lumineuses (faire coule[u]r). La confluence, une esthétique ? Sa valeur première de paysage fait converger à la fois l’iconographie des mythes colorés (Italie, Grèce, Antiquité, Orient) et la modernité d’une poésie dont les épanchements vers l’informe s’étendent, entre autres, jusqu’aux techniques du dripping de l’expressionisme abstrait. Hommage donc à la convergence des arts et des sciences, des révolutions, des styles et des siècles, le romantisme anglais doit enfin une partie de sa splendeur et de son rayonnement à la médecine clinique ou prophylactique, à la chimie, à la pharmacologie (potions, drogues, opiacés) comme à la confluence des figures du langage et des genres (poétique, romanesque, épistolaire, théâtral).

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